Et si tout allait bien se passer ?

 « Parfois le chemin qui semble le plus facile est le plus difficile ».Quand j’ai décidé de me préparer à quitter mon travail pour me reconvertir, j’avais l’impression d’avoir pris la voie la plus dangereuse : finie la carrière toute tracée, fini le revenu mensuel assuré, la réussite sociale… Jusqu’à ce que cette phrase prononcée par ma conseillère en bilan de compétence me percute, et que je réalise à quel point faire des compromis avec moi-même était le chemin le plus difficile.


On a parfois l’impression que les routes toutes tracées sont les plus simples à suivre. Pas tant que ça. Le combat est différent : se battre contre soi-même pour rentrer dans le moule, ou se battre pour voir éclore quelque chose qui nous ressemble ? Se battre « contre », ou se battre « pour » ? En écrivant « se battre » je réalise qu’une ancienne croyance refait surface « Dans la vie il faut se battre pour y arriver ». Et si ce n’était pas un passage obligé ? Et si je décidais que les choses allaient être simple, et que ça allait « rouler » ? Allons plus loin : et si je décidais aussi de ne pas croire les gens qui me disent que c’est difficile ? C’est peut-être juste l’expression de leur propre croyance que « c’est difficile » ?
Je m’apprête à prendre le plus grand risque que je n’ai jamais pris, d’un point de vue « sécurité de l’emploi ». Et pourtant ça ne m’a jamais paru aussi facile.
Qu’est-ce qui a changé ? Des croyances que j’entretenais dans le passé ont disparues. Je ne ressens plus le besoin d’expliquer aux gens en détail ce que je vais faire, et comment je vais le faire. Je ne ressens plus le besoin de me justifier. Avant j’essayais de leur expliquer quand ils ne comprenaient pas. Aujourd’hui je ne comprends pas qu’ils ne comprennent pas. Ma perspective s’est modifiée. Et ça c’est un sacré confort !
Il y a quelques années je me suis posée la question de préparer le CAPES en parallèle de mon activité professionnelle. Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’échanger avec des personnes qui finissaient par me dire que le CAPES était tellement difficile qu’il y avait peu de chances que je l’obtienne. Plus particulièrement une conversation m’a frappée. Quelqu’un de mon entourage m’a dit « Untel il est beaucoup plus intelligent que toi et il ne l’a même pas eu, alors il ne faut pas y compter ». Dans les périodes de remise en question il est intriguant d’observer à quel point la majorité des gens peuvent être sape-moral ! Et on tombe aussi simplement sur des gens méchants, ou frustrés. Aujourd’hui ça ne m’arrive plus, peut-être parce que ça ne me touche plus, surement parce que je me fiche comme de l’an 40 de l’avis des autres sur ce que je vais faire de ma vie. Ça aussi c’est un grand soulagement ! J’ai arrêté d’espérer une quelconque validation extérieure. Moi j’y crois, et c’est tout ce qui compte ! Je me donne même le droit d’essayer tout ce que je voudrais essayer, quand je le voudrais, et on verra bien ! Je m’inquiéterai en temps voulu. Quoique ? Est-ce réellement un passage obligé ?
Dans notre société on nous demande tout le temps de nous projeter, d’avoir un « business plan » (une de mes plus grandes allergies), de savoir ce qu’on va faire les X prochaines années. Que c’est déprimant ! Et si on vivait pour soi comme on l’entend, pour changer ? Il est clair que ce n’est pas évident et que ça demande un travail sur son état d’esprit. Ça en vaut la peine !
J’ai découvert quelque chose de précieux sur ce chemin : la manière dont on vit ce qui nous est renvoyé par les autres en dit beaucoup de notre état d’esprit, de nos croyances sur les choses, et de la confiance que l’on se porte à soi-même. Ca fait maintenant une petite année que je travaille sur mon projet de reconversion. J’ai compris que pour gagner en confort, et basculer de la peur vers l’envie les choses se jouent au niveau de qui on est, et de comment on vit les choses. Travailler sur son état d’esprit est l’essentiel du travail. Le reste suivra.

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